Un fardeau trop lourd

 “La crise financière marque le commencement du déclin de l’empire américain,” dit l’économiste Nouriel Roubini de la New York University. La nationalisation de Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, et l’assomptionT de $700 milliards de mauvaise dette par le gouvernement américain vont encombrer le citoyen américain avec un fardeau insupportable.

      Déjà trop endetté par un budget militaire de presque 600 milliards de dollars en 2008, des obligations sociales croissantes, et des revenues réduits en raison des impôts baissés, les Etats-Unis doivent repenser leurs finances publiques. Parmi les priorités d’une nouvelle administration américaine, il est essentiel de réduire les dépenses du gouvernement américain et d’augmenter les impôts pour mettre de l’ordre dans le budget des Etats-Unis. Sinon, la crédibilité du gouvernement américain et du dollar seront mis en question, avec des conséquences désastreuses pour le peuple américain et l’économie globale.

      Le nouveau président américain peut commencer en réduisant le budget militaire. Cette obligation va être liée au départ des troupes américains d’Irak. Une réduction du budget militaire va être difficile parce que certains coûts sont déjà garantis. L’équipement américain s’est détérioré par deux longues guerres dans le désert, et il faudra le remplacer et le rénover. Et même si le nouveau président voulait terminer la guerre en Irak aussitôt que possible (ce qui est improbable), il est impossible de quitter le pays en quelques semaines. Cependant, dans l’avenir, le budget militaire ne peut pas continuer à augmenter comme depuis 2001. Pour mettre en ordre les finances publiques et réduire le budget militaire, le Pentagone doit tolérer plus de risques et faire des économies.

      Il est clair que le nouveau Président américain – en particulier Barack Obama – va demander beaucoup de nos alliés européens. Pour minimiser le risque à la sécurité de la sphère Euro-Atlantique, les Etats-Unis doivent demander plus de l’Europe dans le domaine de la sécurité, notamment un renforcement des capacités européennes dans la défense. (Le secrétaire de la défense américaine l’a déjà fait la semaine dernière en Angleterre avec ses homologues de l’Otan….). Mais les Européens seront-ils prêts à partager le fardeau ?

      Il est probable que beaucoup d’Européens vont se demander pourquoi il faut aider un pays qui a lancé une guerre à laquelle la majorité des Européens se sont opposés. Pourquoi l’Europe devrait-elle supporter une Amérique qui a dépensée trop d’argent et qui a vécu hors de ses moyens ? Ce sont de bonnes questions. Mais jusqu’à présent, les pays européens n’ont jamais écouté lorsque les américains leur ont demandé de dépenser plus sur la défense. Et avec bonne raison. Lorsque le grand allié américain dépense plus sur la défense que la somme tous les autres pays dans le monde, pourquoi prendre sérieusement les questions de sécurité et de défense ? Mais dans un monde marqué par la prolifération de nouvelles menaces, l’augmentation des budgets militaires en Russie et en Chine (et beaucoup d’autres), et le rebond des Talibans en Afghanistan et au Pakistan, la scène géopolitique est en train de changer. L’ère de l’hyperpuissance américaine est finie.

      Je demande donc à nos lecteurs européens ce que feront leurs gouvernements si les USA décident que des contraintes budgétaires exigent une réduction des dépenses militaires et une réduction du rôle américain dans la sécurité européenne et internationale ? Autrement dit, comment réagirait les gouvernements européens (et leurs publiques) si cette crise financière marque le déclin de l’empire américain ?

Entre principe et intérêt… entre avoir du pouvoir et être hors de propos

Le conflit du Caucase a marqué un évènement qui a donné énormément d’espoir aux gens (comme moi !) qui croient au projet européen. L’Union Européenne a répondu vite et décidément à la crise, au moment où les Etats-Unis ont donné l’impression d’être surpris et confus. Même si l’Europe n’a pas parlé d’une seule voix, cinq jours après le commencement des actions militaires le ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner a commandé une mission des diplomates internationaux à Tbilissi et à Moscou avec un projet de cessez-le-feu. Le lendemain, le 12 août, le président du Conseil européen, M. Sarkozy a aussi voyagé dans les deux capitales. Son succès à persuader M. Medvedev de retourner ses forces aux positions d’avant le conflit a étonné le monde. Si seulement la Russie avait respecté ce pacte, ce court article serait consacré à l’accomplissement de la Stratégie Européenne de Sécurité.

Malheureusement, la Russie a décidé de ne pas respecter le cessez-le-feu et de maintenir 7.600 soldats dans les zones séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie-du-Sud en plus de contrôler des zones stratégiques géorgiennes, comme le port de Poti. C’est dans ce contexte que M. Sarkozy a promis à M. Medvedev la normalisation des relations avec l’Europe en échange du retrait des troupes russes des territoires géorgiens non-disputés.

Dès lors, le rêve est fini : l’Europe, encore une fois, a démontré son impuissance honteuse. L’action russe en Géorgie a sapé les intérêts européens à deux niveaux. Premièrement, au niveau de la perspective énergétique, il y a la question du gazoduc Nabucco dont j’ai déjà discuté dans un article antérieur. Deuxièmement, au niveau de la perspective de sécurité, il y a le fiasco de la Politique Européenne de Voisinage (PEV). La PEV est l’un des instruments les plus importants de la stratégie européenne de sécurité. Néanmoins les résultats de la PEV sont décevants dans l’ensemble des 15 pays partenaires (ainsi qu’en Palestine). De plus, la performance de la PEV dans le domaine spécifique de la prévention des conflits a réussi à être particulièrement inefficace. Ses « succès » ont déjà été observés au Liban et en Palestine, et maintenant en Géorgie.

Que le gouvernement de M. Berlusconi en Italie ne veuille pas irriter la Russie, peu importe quelles actions M. Poutine et M. Medvedev prennent, n’est pas étonnant. Apres ses initiatives pour protéger son immunité contre le système juridique et pour discriminer les minorités sociales, il est difficile de demander à M. Berlusconi de penser aux intérêts et aux principes européens. Mais, la promesse de Sarkozy à Medvedev semble un peu dangereuse. En effet, on a vu le président du Conseil de l’Union européenne récompenser la Russie juste parce qu’elle n’a pas désobéi à l’intégralité du pacte négocié par M. Sarkozy. Pour l’avoir défié juste à moitié, l’UE remercie M. Medvedev via le recommencement des discussions avec Moscou.

Avec la déclaration ce week-end du secrétaire général, M. Jaap de Hoop Scheffer, qu’un tel pacte n’est pas tolérable, l’Otan n’a pas seulement remis les affaires en ordre encore une fois, mais l’alliance a aussi redonné à M. Sarkozy et aux Européens, aussi une nouvelle fois, un souffle de dignité. En analysant la différence entre les deux positions envers la Russie, on devine deux possibilités. Soit les pays de l’Europe Centrale et de l’Est, qui sont membres dans les deux organisations, ont plus de pouvoir dans l’Otan, soit les Etats-Unis veulent garder leur intérêt stratégique dans le Caucase (intérêt qui est, en effet, indirect car la zone peut juste servir l’Europe dans ses efforts d’indépendance énergétique), soit un mélange de ces deux éventualités.

Bref, l’Europe doit se regarder dans la glace sérieusement avant d’être respectée comme un acteur international crédible.

Alan Greenspan : « Je n’ai jamais rien vu de pareil »

En préparant un article sur la situation financière (que j’espère publier la semaine prochaine) je voulais partager l’avis de Alan Greenspan :

Détails de la force ISAF

Déploiement ISAF Septembre 08

Les Trois Chiffres Clés pour l’Otan en Afghanistan

Mercredi, l’Amiral Michael Mullen a exprimé ses doutes devant les sénateurs sur la situation en Afghanistan. « Je ne crois pas que nous soyons en train de gagner en Afghanistan, mais je suis convaincu que nous pouvons le faire, » a dit le chef d’état major des Etats-Unis.

L’amiral a promis une nouvelle stratégie militaire mais il a expliqué que davantage de soldats n’est qu’un élément de la solution. Il a appelé à une stratégie plus compréhensive et à plus de coopération internationale.

On ne doit pas juger la stratégie avant sa naissance, mais il faut que les USA et l’Otan prennent en compte trois chiffres clés dans leur formulation d’une nouvelle approche. Ces trois chiffres suggèrent que la possibilité d’un échec à long terme est plus probable qu’on ne veut l’admettre.

Premièrement, selon une étude de Seth Jones pour la Rand Corporation, 50% des 90 insurrections majeures depuis 1945 ont réussi lorsqu’elles avaient le soutien d’un état tiers. 30% ont réussi avec l’appui d’un acteur non étatique ou d’une diaspora. Dans le cas de l’Afghanistan, le territoire Pakistanais est devenu un sanctuaire pour les militants non étatiques, et certains éléments dans le gouvernement du Pakistan (en particulier les services de renseignement) offrent l’assistance aux Talibans. (Pour en savoir plus sur le soutien du Pakistan aux Talibans dans les territoires de la frontière Afghano-Pakistanaise, lisez cet excellent article par Dexter Filkins paru dimanche dans le New York Times.)  

Deuxièmement, selon M. Jones, dès qu’une insurrection a commencé, il faut environ 14 ans pour la vaincre. Presque sept ans après l’invasion de l’Afghanistan, ce chiffre est inquiétant, en particulier parce que des pays clés à l’ISAF – comme le Canada et les Pays Bas – ont insisté qu’ils vont retirer leurs soldats après 2010 et 2011. 

Troisièmement, le sondage annuel du German Marshall Fund sur les tendances transatlantiques, sur lequel nous reviendront dans un prochain post, montre qu’en 2008, 43% des européens sont en faveur du combat contre les Talibans en Afghanistan alors que 76% des américains soutiennent le combat. L’Europe et les Etats-Unis sont unis dans leur soutien de la reconstruction du pays et l’entrainement des forces de sécurités afghanes. Comme l’Amiral Mullen a dit, il faut beaucoup plus que des combattants en Afghanistan, mais l’Otan ne peut pas devenir une alliance de ‘deux niveaux.’

Ces trois chiffres sont très importants pour le futur de la mission ISAF en Afghanistan. Il faut que les gouvernements européens expliquent à leurs citoyens que la mission en Afghanistan pourrait être violente et que la mission sera longue. La franchise sera la meilleure politique pour les capitales européennes. Pour Washington, il faut arrêter de parler d’une guerre contre le terrorisme et ne plus lier les guerres en Irak et an Afghanistan. Les Etats-Unis devraient expliquer que la guerre en Afghanistan n’est pas seulement ‘le front central dans la guerre contre le terrorisme,’ mais que l’instabilité en Afghanistan est une menace à la sécurité internationale, y compris en Europe.

Dans le conflit du Caucase, la Géorgie ne peut pas gagner, mais la Russie peut être convaincue

Depuis le commencement du conflit entre la Russie et la Géorgie, l’incapacité de l’Otan à venir en aide à la petite république démocratique est devenue clair. Une guerre entre les membres de l’Alliance et la Russie est absurde, particulièrement pour deux territoires qui représentent ensemble environ une moitié de la Sardaigne (12,332 km2) et qui en eux-mêmes n’ont aucune importance stratégique. M. Olivier Kempf a offert ce dimanche la solution la plus favorable pour le conflit. Malheureusement, son raisonnement suppose deux conditions que je trouve peu probables : premièrement, M. Kempf demande aux pouvoirs occidentaux l’humilité de concéder que l’indépendance du Kosovo a été une erreur. Deuxièmement, la Russie doit répondre en faisant machine arrière non seulement en Géorgie, mais aussi dans tous les conflits gelés. La Russie doit, également, mettre en sourdine sa rhétorique de protection des droits des russes à l’étranger.

Mon pessimisme vient de mon impression que le conflit caucasien a peu à voir avec le Kosovo, l’Abkhazie ou l’Ossétie-du-Sud. Ce conflit n’a pas commencé a cause de tensions entre les définitions de la souveraineté et l’intégrité. En effet, il est difficile de croire que la Russie a interprété la reconnaissance du Kosovo par l’Ouest comme une menace visant la République de Tchétchénie ou d’autres potentiels territoires séparatistes. La bravoure de M. Medvedev face aux pouvoirs occidentaux, montre, à mon avis, sa certitude de la dépendance européenne vis-à-vis de l’énergie russe. Dès lors, le pari porte sur l’énergie et le maintien du contrôle russe sur la distribution vers l’Europe.

Il faut que la Géorgie réponde de façon appropriée. Si M. Saakachvili est sérieux dans ses efforts d’européaniser et de sécuriser son pays, il faut qu’il déclare l’indépendance de la Géorgie de l’Abkhazie et de l’Ossétie-du-Sud. En faisant cela, il peut mettre un terme au conflit qui dure depuis 16 années. Plus important, sans l’Abkhazie et l’Ossétie-du-Sud, la Géorgie peut être acceptée dans l’Otan immédiatement et peut-être même, plus tard, dans l’Union Européenne.

En fait, sans une internationalisation de la situation en Géorgie, c’est-à-dire que la Russie accepterait des forces de maintien de la paix des NU, oublier les deux territoires séparatistes apparaît comme la seule option dont dispose M. Saakachvili. Si les dernières 16 années de conflit n’ont pas éprouvé la volonté d’indépendance sans équivoque des Abkhazes et des Ossètes, le dernier mois a clarifié pour toujours l’impotence de Tbilissi de les gouverner. Dès lors, maintenir des espérances qu’une possibilité de forcer ces populations à vivre sous la loi géorgienne existe, n’est pas naïve, mais inepte. Encore plus important, les actions de M. Medvedev ont escaladé la situation de telle façon qu’un désamorçage est devenu impossible. Si il n’avait pas reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie-du-Sud, il pourrait vraiment négocier avec l’Occident. En signant la décision de la Douma, en fait, il a perdu une incroyable opportunité d’éviter l’isolement de son pays, et de négocier un résultat favorable pour la Russie. Au pire, Medvedev pourrait juste maintenir le statu-quo où les deux conflits gelés avait effectivement bloquées les espérances géorgiennes d’accéder soi a l’Otan, soi a l’UE. (Déjà, la Russie a perdu sa possibilité d’influencer la décision sur le bouclier anti-missile en Pologne.)

Enfin, il faut concéder que ce conflit entre la Russie et la Géorgie n’a que peu à voir avec les territoires de l’Abkhazie et de l’Ossétie-du-Sud mais il a été motivé par d’autres raisons, encore plus stratégiques. Comme j’ai déjà suggéré, en eux-mêmes, ils sont insignifiants sur la table d’échecs : le Baku-Tbilissi-Ceyhan oléoduc n’est pas affecté par le conflit dans le deux régions ; le très problématique gazoduc de Nabucco n’est pas planifié de passer ni par l’Abkhazie ni par l’Ossétie-du-Sud ; en intégrant l’Abkhazie, la Russie ne gagne pas (et la Géorgie ne perd pas) une portion suffisamment signifiante du littoral de la Mer Noire pour revendiquer encore plus contrôle sur la Mer ; enfin, il n’y a pas d’importants centres commerciaux dans les deux petits territoires – en fait, il n’y a pas des villes avec plus que 100.000 habitants.

La vraie raison pour l’intérêt de la Russie dans la région vient de deux possibilités. Soit la Russie a voulu déstabiliser la région pour éliminer l’alternative la plus crédible à son monopole sur la distribution de l’énergie en Europe, soit ses politiciens continuent à penser à somme nulle, une mentalité pas du tout différente de celle des années de la Guerre Froide. M. Martin Wolfe, dans son opinion dans le Financial Times de 29 août a donné une explication intéressante à cette philosophie, qui regarde l‘accès de la Géorgie a l’Otan comme un territoire perdu pour la Russie : le danger le plus grand pour l’oligarchie russe est le succès de la démocratie dans les autre républiques post-soviétiques. Si les russes perçoivent que les géorgiens ont plus de liberté et des droits, et que l’économie de marché en fait fonctionne, il sera plus difficile de maintenir le régime d’autocratie et corruption. C’est à cause de ça que les élites russes ont encouragé le nationalisme et la peur de l’Otan.

Dans ce contexte la Russie doit, alors, gagner cette lutte et « protéger » les droits de ces quelques 320.000 citoyens dont M. Poutine, M. Medvedev et la Douma sont assez préoccupées. De telle façon, la Russie n’aura aucune raison de maintenir ses troupes en Géorgie. La petite république pourrait donc continuer son destin vers l’Occident et sa sécurité. D’un autre côté, la Russie va compromettre ses relations diplomatiques avec l’Otan et même la Chine (qui ne veut pas encourager des mouvements d’indépendance) pour deux territoires insignifiants.

Néanmoins, la Géorgie doit prendre cette initiative très vite. Plus les forces russes restent dans la zone tampon qu’ils ont occupée le mois dernier, plus grandit l’hypothèse que la Russie emploie une stratégie de « Divide et impera ». On peut supposer que la Russie va employer dans les nouveaux territoires occupés les techniques déjà utilisées avec succès en Abkhazie et en Ossétie-du-Sud : délivrer des passeports russes, introduire la rouble comme monnaie, changer l’équilibre ethnique. Si ces stratagèmes fonctionnent encore et une autre partie de la Géorgie venait à demander indépendance, la raison d’être de la république même pourrait être mise en question par la Russie. Chaque jour ou les forces russes restent dans les territoires géorgiens est un jour dangereux pour la légitimité de Tbilissi.

Je peux penser juste à un exemple dans l’histoire post-soviétique où l’intérêt de la Russie de maintenir sa sphère d’influence a échoué. La Roumanie a eu la prémonition de reconnaître la souveraineté de la République de Moldavie en 1991. La Roumanie qui aujourd’hui fait partie de l’Otan et de l’Union Européenne a été le premier état qui a reconnu la nouvelle (et vraiment artificielle) république. Si la Roumanie (qui à Yalta le 9 Octobre 1944 a été le pays avec le plus grand pourcentage d’influence soviétique – 90%) avait choisi de revendiquer la Moldavie, elle serait aujourd’hui dans un conflit avec le territoire séparatiste de la Transnistrie. Juste par hasard, la Russie ne reconnait pas l’indépendance de la Transnistrie mais, quand même, y stationne des éléments de sa 14e armée.

Dans ce contexte, pour un avenir libre pour la Géorgie et une fin au monopole russe de la distribution des ressources énergétiques en Europe, il faut que l’Otan demande rationalité et sang froid dans le chef de M. Saakachvili.

Partir ou Rester, telle est la Question

As Iraqi and American diplomats negotiate a deal for American troops to stay in Iraq, or not, Iraqis are also debating the issue.

For Iraqis, just as for Americans, it is far more complex than a simple “stay” or “go.” For both it is about blood, treasure, pride, dignity and a nation’s sense of itself and its place in the world.

But a lot more Iraqi blood than American has already been spilled, and stands to be spilled again, if the politicians get it wrong.

Source: New York Times

Moscou Menace de Rompre avec l’Otan

La Russie cessera toute coopération avec l’OTAN si celle-ci fait accéder la Géorgie au Plan d’action en vue de l’adhésion, a déclaré lundi le représentant de Moscou auprès de l’Alliance atlantique, Dmitri Rogozine. « C’est une chose d’être aux petits soins avec une marionnette des Etats-Unis (le président géorgien) et c’en est une autre d’accueillir un pays agresseur. De quelle coopération peut-il s’agir : d’aucune », a-t-il estimé. Moscou avait suspendu le 26 août une partie de ses activités avec l’OTAN, dénonçant le « cynisme » de cette organisation dans la crise avec la Géorgie.

Source: Le Monde

La Russie se sanctionne elle-même ?

Les chefs des 27 pays membres de l’Union Européenne se sont rencontrés le premier Septembre pour un sommet extraordinaire à la recherche de l’unité et une sortie de crise avec la Russie. Ils ont rejeté l’idée de sanctions contre la Russie, malgré le désir de certains pays européens de punir Moscou pour son refus de retirer tous ses soldats de Géorgie.

Dans ce conflit, les gouvernements occidentaux se sont montrés incapables d’influencer la Russie à cause d’un manque de volonté collective et des divisions internes à l’Union européenne et l’Otan. Convaincue que l’Occident manque des moyens d’imposer sa volonté, Moscou est devenue très arrogante.

Si les chanceliers européens n’ont pas puni le Kremlin, les investisseurs de l’économie globale sont un peu plus sévères. Depuis juillet, l’économie russe a souffert un déclin du rouble dans le marché international, un exode de capital jusqu’à $20 milliards, et une nouvelle vague d’inflation. Les investisseurs internationaux sont inquiets de la direction de la Russie en politique interne et en politique étrangère.

L’attaque de Poutine en juillet contre la compagnie des mines, Mechel (et l’affaire TNK-BP), a restauré des soucis d’une répétition de l’affaire Youkos, une nouvelle vague de nationalisations, et une atmosphère moins accueillante des investissements étrangers dans l’économie russe. A l’inverse de Mikhail Khodorkovsky, l’actionnaire principale de Mechel, Igor Zyuzine, n’a pas exprimé des ambitions politiques. Les investisseurs ont  donc conclu que n’importe quelle compagnie pourrait être ciblée par des attaques de plus en plus au hasard.

La guerre avec la Géorgie et la reconnaissance unilatérale de l’indépendance de l’Ossétie et l’Abkhazie n’ont pas améliorés la confiance du marché dans l’économie russe. En réponse, le capital a fui de la Russie. Depuis le 8 août, 20 milliards de dollars ont quitté la Russie et la banque centrale russe a dû soutenir le rouble. La bourse russe a chuté de 35% depuis sa valeur maximale en mai. Le déclin du prix de pétrole et les difficultés de l’économie internationale ont aussi contribué à la nouvelle donne en Russie.

A l’heure d’une confiance extrême affichée par le leadership russe, des ombres pointent à l’horizon. La renaissance de la Russie est la conséquence d’une économie soutenue par la flambée du prix du pétrole, et non la conséquence d’une idéologie attrayante ou de sa puissance militaire. Le régime russe devrait comprendre cette réalité, en particulier puisque le gouvernement est étroitement lié aux entreprises stratégiques dans le système du capitalisme d’état qui existe en Russie. Or, le goût pour la confrontation malgré cette réalité est la preuve que le Kremlin souffre de l’arrogance du pouvoir.

Anders Aslund, membre du Petersen Institute of International Economics, prévoit que l’économie russe va souffrir pour dix raisons. Son analyse est importante pour les investisseurs ainsi que pour les analystes géopolitiques. Les sanctions officielles sont peu probables contre une Russie plus intégrée dans l’économie européenne. Mais la dépendance de la Russie et de ses dirigeants vis-à-vis de l’intégration occidentale pourrait modérer la politique et l’attitude du régime. Jusqu’au présent, il semble que les pays européens aient insistés sur la modération dans l’espoir d’éviter une nouvelle guerre froide avec la Russie, malgré un ton de confrontation de Moscou. Les actions des gouvernements occidentaux n’ont pas influencé la Russie. Pourtant, si les investisseurs internationaux affaiblissent l’économie russe par la fuite du capital, Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev pourraient se trouver responsables de sanctions beaucoup plus sévères que l’Union Européenne n’aurait jamais pu imposer.  

Pas de Soutien Populaire pour les Talibans

En lisant l’interview très controversée des Talibans qui ont tués les soldats français, publiée par Paris-Match, j’ai relevé cette affirmation assez intéressante du commandant Taliban:

Q: Avez-vous le soutien de la population ?
R: Les gens ne nous soutiennent pas vraiment.

Alors, on peut dire tant qu’on veut que cette interview était un acte de propagande des Taliban (bien sûr), mais je me demande franchement en quoi une telle affirmation sert leurs intérêts, et donc semble refléter une réalité sur le terrain. Cela prouve au moins deux choses: Premièrement, bien que les Taliban comprennent et maitrisent l’art de la propagande, il y a encore un certain amateurisme par moment comme indiqué par une telle affirmation. J’imagine déjà Joseph Goebbels se retourner dans sa tombe! Deuxièmement, si les Taliban n’ont effectivement aucun support local, c’est un signe positif pour la coalition. Mais il faut aller encore plus loin. En effet, les opérations de contre-insurrection placent la population au centre de toute stratégie. Gagner la passivité du peuple (et donc le non soutien aux insurgés) est une première étape. Gagner le soutien actif (allant de la dénonciation à l’engagement armé) constitue une deuxième étape cruciale et nécessaire pour venir à bout des Taliban.