Opportunité stratégique au Pakistan?

La semaine dernière, dans un article sur ‘The New Atlanticist” je me suis demandé si l’élite Pakistanaise va changer son attitude vis à vis des militants. Suite à l’attentat contre l’hôtel Marriott à Islamabad, l’heure est venue pour une posture plus agressive contre les Talibans dans le Nord-Ouest du pays si le gouvernement veut éviter un désastre. 

Le Prochain Président: Un Monde de Défis

Le 15 Septembre, la George Washington University organisait en collaboration avec CNN une conférence avec cinq anciens Secrétaires d’Etat américains (Madeleine Albright, James A. Baker, III, Warren Christopher, Henry Kissinger et Colin L. Powell) sur le thème des défis de la politique étrangère pour le prochain président des Etats-Unis.

L’audio de la conférence est désormais disponible, de même que la transcription.

PESD: Du Caucase à la Corne de l’Afrique

Alors que Vlad critiquait (trop fortement à mes goûts européistes) l’impuissance Européenne en Géorgie dans un post précédent, et que Jeff souligne les dangers et les défis de la crise financière américaine pour la Défense européenne, je voudrais attirer l’attention sur la réaction européenne vis-à-vis des derniers événements apparus au large des côtes somaliennes.

L’Union Européenne (UE) vient d’adopter la création d’une « unité de coordination », intitulée EU Navco, et dont la mission consistera à « apporter un soutien aux activités des États membres qui déploient des moyens militaires sur le théâtre en vue de faciliter leur disponibilité et leur action opérationnelle ». Outre cette décision, prise dans le cadre de la PESD, les lecteurs attentifs auront noté les actions prises à titre individuel, notamment par la France et le Danemark. Pour plus d’informations sur EU Navco, je vous invite à consulter le blog Europe de la Défense qui en parle longuement.

Concrètement, donc, le projet de défense européenne avance. La crise géorgienne, malgré les dissenssions européennes, a projeté l’UE sur le devant de la scène en tant qu’acteur international, et ce alors que ce sont surtout les Etats-Unis qui s’étaient montré actif dans les débats sur le Caucase. Ce genre de crise est évidemment à double tranchant puisque le bénéfice médiatique doit être utilisé à bon compte et ne pas tourner au fiasco, au risque que la Géorgie ne devienne à l’Europe ce que la Somalie fût aux Etats-Unis. Même si certains diront qu’une mauvaise publicité est quand même de la publicité…

En jetant un coup de projecteur sur la Somalie, l’UE redonne un peu d’espoir aux Européistes, tout en détournant légèrement l’attention du front caucasien. D’un point de vue médiatique, c’est pas mal joué évidemment. Reste que l’unité de coordination devra faire ses preuves. Il est temps que l’Europe de la Défense progresse, surtout que les défis s’annoncent nombreux, notamment à cause de l’affaiblissement américain. De petits projets à succès tels que EU Navco peuvent servir à construire une crédibilité. Mais il faudra encore bien plus…

Un fardeau trop lourd

 “La crise financière marque le commencement du déclin de l’empire américain,” dit l’économiste Nouriel Roubini de la New York University. La nationalisation de Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, et l’assomptionT de $700 milliards de mauvaise dette par le gouvernement américain vont encombrer le citoyen américain avec un fardeau insupportable.

      Déjà trop endetté par un budget militaire de presque 600 milliards de dollars en 2008, des obligations sociales croissantes, et des revenues réduits en raison des impôts baissés, les Etats-Unis doivent repenser leurs finances publiques. Parmi les priorités d’une nouvelle administration américaine, il est essentiel de réduire les dépenses du gouvernement américain et d’augmenter les impôts pour mettre de l’ordre dans le budget des Etats-Unis. Sinon, la crédibilité du gouvernement américain et du dollar seront mis en question, avec des conséquences désastreuses pour le peuple américain et l’économie globale.

      Le nouveau président américain peut commencer en réduisant le budget militaire. Cette obligation va être liée au départ des troupes américains d’Irak. Une réduction du budget militaire va être difficile parce que certains coûts sont déjà garantis. L’équipement américain s’est détérioré par deux longues guerres dans le désert, et il faudra le remplacer et le rénover. Et même si le nouveau président voulait terminer la guerre en Irak aussitôt que possible (ce qui est improbable), il est impossible de quitter le pays en quelques semaines. Cependant, dans l’avenir, le budget militaire ne peut pas continuer à augmenter comme depuis 2001. Pour mettre en ordre les finances publiques et réduire le budget militaire, le Pentagone doit tolérer plus de risques et faire des économies.

      Il est clair que le nouveau Président américain – en particulier Barack Obama – va demander beaucoup de nos alliés européens. Pour minimiser le risque à la sécurité de la sphère Euro-Atlantique, les Etats-Unis doivent demander plus de l’Europe dans le domaine de la sécurité, notamment un renforcement des capacités européennes dans la défense. (Le secrétaire de la défense américaine l’a déjà fait la semaine dernière en Angleterre avec ses homologues de l’Otan….). Mais les Européens seront-ils prêts à partager le fardeau ?

      Il est probable que beaucoup d’Européens vont se demander pourquoi il faut aider un pays qui a lancé une guerre à laquelle la majorité des Européens se sont opposés. Pourquoi l’Europe devrait-elle supporter une Amérique qui a dépensée trop d’argent et qui a vécu hors de ses moyens ? Ce sont de bonnes questions. Mais jusqu’à présent, les pays européens n’ont jamais écouté lorsque les américains leur ont demandé de dépenser plus sur la défense. Et avec bonne raison. Lorsque le grand allié américain dépense plus sur la défense que la somme tous les autres pays dans le monde, pourquoi prendre sérieusement les questions de sécurité et de défense ? Mais dans un monde marqué par la prolifération de nouvelles menaces, l’augmentation des budgets militaires en Russie et en Chine (et beaucoup d’autres), et le rebond des Talibans en Afghanistan et au Pakistan, la scène géopolitique est en train de changer. L’ère de l’hyperpuissance américaine est finie.

      Je demande donc à nos lecteurs européens ce que feront leurs gouvernements si les USA décident que des contraintes budgétaires exigent une réduction des dépenses militaires et une réduction du rôle américain dans la sécurité européenne et internationale ? Autrement dit, comment réagirait les gouvernements européens (et leurs publiques) si cette crise financière marque le déclin de l’empire américain ?

Entre principe et intérêt… entre avoir du pouvoir et être hors de propos

Le conflit du Caucase a marqué un évènement qui a donné énormément d’espoir aux gens (comme moi !) qui croient au projet européen. L’Union Européenne a répondu vite et décidément à la crise, au moment où les Etats-Unis ont donné l’impression d’être surpris et confus. Même si l’Europe n’a pas parlé d’une seule voix, cinq jours après le commencement des actions militaires le ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner a commandé une mission des diplomates internationaux à Tbilissi et à Moscou avec un projet de cessez-le-feu. Le lendemain, le 12 août, le président du Conseil européen, M. Sarkozy a aussi voyagé dans les deux capitales. Son succès à persuader M. Medvedev de retourner ses forces aux positions d’avant le conflit a étonné le monde. Si seulement la Russie avait respecté ce pacte, ce court article serait consacré à l’accomplissement de la Stratégie Européenne de Sécurité.

Malheureusement, la Russie a décidé de ne pas respecter le cessez-le-feu et de maintenir 7.600 soldats dans les zones séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie-du-Sud en plus de contrôler des zones stratégiques géorgiennes, comme le port de Poti. C’est dans ce contexte que M. Sarkozy a promis à M. Medvedev la normalisation des relations avec l’Europe en échange du retrait des troupes russes des territoires géorgiens non-disputés.

Dès lors, le rêve est fini : l’Europe, encore une fois, a démontré son impuissance honteuse. L’action russe en Géorgie a sapé les intérêts européens à deux niveaux. Premièrement, au niveau de la perspective énergétique, il y a la question du gazoduc Nabucco dont j’ai déjà discuté dans un article antérieur. Deuxièmement, au niveau de la perspective de sécurité, il y a le fiasco de la Politique Européenne de Voisinage (PEV). La PEV est l’un des instruments les plus importants de la stratégie européenne de sécurité. Néanmoins les résultats de la PEV sont décevants dans l’ensemble des 15 pays partenaires (ainsi qu’en Palestine). De plus, la performance de la PEV dans le domaine spécifique de la prévention des conflits a réussi à être particulièrement inefficace. Ses « succès » ont déjà été observés au Liban et en Palestine, et maintenant en Géorgie.

Que le gouvernement de M. Berlusconi en Italie ne veuille pas irriter la Russie, peu importe quelles actions M. Poutine et M. Medvedev prennent, n’est pas étonnant. Apres ses initiatives pour protéger son immunité contre le système juridique et pour discriminer les minorités sociales, il est difficile de demander à M. Berlusconi de penser aux intérêts et aux principes européens. Mais, la promesse de Sarkozy à Medvedev semble un peu dangereuse. En effet, on a vu le président du Conseil de l’Union européenne récompenser la Russie juste parce qu’elle n’a pas désobéi à l’intégralité du pacte négocié par M. Sarkozy. Pour l’avoir défié juste à moitié, l’UE remercie M. Medvedev via le recommencement des discussions avec Moscou.

Avec la déclaration ce week-end du secrétaire général, M. Jaap de Hoop Scheffer, qu’un tel pacte n’est pas tolérable, l’Otan n’a pas seulement remis les affaires en ordre encore une fois, mais l’alliance a aussi redonné à M. Sarkozy et aux Européens, aussi une nouvelle fois, un souffle de dignité. En analysant la différence entre les deux positions envers la Russie, on devine deux possibilités. Soit les pays de l’Europe Centrale et de l’Est, qui sont membres dans les deux organisations, ont plus de pouvoir dans l’Otan, soit les Etats-Unis veulent garder leur intérêt stratégique dans le Caucase (intérêt qui est, en effet, indirect car la zone peut juste servir l’Europe dans ses efforts d’indépendance énergétique), soit un mélange de ces deux éventualités.

Bref, l’Europe doit se regarder dans la glace sérieusement avant d’être respectée comme un acteur international crédible.

Alan Greenspan : « Je n’ai jamais rien vu de pareil »

En préparant un article sur la situation financière (que j’espère publier la semaine prochaine) je voulais partager l’avis de Alan Greenspan :

Détails de la force ISAF

Déploiement ISAF Septembre 08